Compte rendu de la prise de contact avec une boulangerie artisanale implantée à NGOUMOU

 

Par instruction du bureau exécutif de l’ACAPA, à l’issue des importantes assises du 5 novembre 2006, M. NKILI MINKOULOU, secrétaire du Comité Economie, secrétaire général adjoint de l’ACAPA, a effectué une visite prospective dans une boulangerie artisanale implantée à NGOUMOU.

 

Pour éloigner toute méfiance l’envoyé spécial de l’ACAPA n’a pas hésité à user d’un peu de mensonge. Il s’est présenté comme un enseignant venu de Bikok pour edes journées pédagogiques au Lycée de Ngoumou, un enseignant désireux de prendre un bout de pain pendant la pausen un enseignant d’ailleurs très généreux, car c’est plutôt lui qui proposera un peu de bière quelque temps après. Bref notre homme sera en fin de compte reçu à bras ouverts. Il est admis à visiter l »usine » et peut recevoir des explications à toutes ses questions.

 

L’usine :

Elle comprend un groupe de machines et un four à bois auxquels s’ajoutent beaucoup d’accessoires : des plateaux à gateaux, des moules de formes diverses, des pelles géantes, un important tas de bois, une machette, une hache.

  1. Les machines :

Nos interlocuteurs étant anglophones ignorent les termes techniques en français. Nous ne nous attardons as. Ces machines comprennent

Æ   un moteur alimenté au gaz (bouteille de gaz spéciale)

Æ   une toupie qui pétrit la pâte

Æ   un fut d’eau pour refroidir les machines

Toutes ces machines coûtent aujourd’hui 800.000F sur le marché (prix en baisse)

  1. Le four

Il coute au moins 100.000F. Sa construction prend 1500 briques de terre. Il ressemble à un pyramide. C’est évidemment un four à bois. Temps de cuisson : vingt minutes environ. Il est très performant.

  1. Les accessoires

Æ   Les plateaux à gâteaux              coût 1500F/pièce                    nombre : 50 pour gâteaux de 100F

Æ   Les moules à pain de mie                      coût 1200F/pièce                    nombre : 30 pour pains de 250F

Æ   Les moules à gâteaux                           coût 1200F/pièce                    nombre : 50 pour gâteaux de 50F

Æ   les moules à gateaux spéciaux   cout 1500F/pièce                    nombre : 10 pour gateaux de 500F

Æ   deux foyers à bois pour la cuisson des beignets (foyers ordinaires). Les beignets sont à 50F

la formation du personnel

Le responsable de la boulangerie de Ngoumou se déclare capable de former des boulangers.

Coût de la formation : 120.000F par ouvrier, soit 60.000F comme avance et 60.000F à la fin de la formation. La formation exige courage, endurance, détermination. Après un essai d’un mois, le stagiaire peut signer un contrat avec la boulangerie. Nous n’avons pas insisté sur les termes du contrat, car le problème ne semblait pas important pour l’instant.

Effectif du personnel à Ngoumou : il y a 7 personnes actuellement. Cependant le responsable a assuré qu’on peut démarrer avec 4 personnes.

 

Observations

1)      Démarrer une boulangerie artisanale exige un investissement important, beaucoup de volonté et détermination pour les boulangers, beaucoup de tact, de disponibilité et de probité pour les responsables.

Rentabilité :

2)      Si à l’ACAPA, nous installons une boulangerie artisanale et si chaque intervenant œuvre avec foi et amour, nous aurons ainsi inauguré un boulevard ,d’un développement certain pour notre association.

En effet pendant le laps de temps que j’ai passé parmi les boulangers, deux clientes sont arrivées. L’un a commandé des gateaux pour 7.900F ; l’autre en a pris pour 5.000F Etant donné que je suis arrivé à Ngoumou après 10h, n’est-il pas normal de croire que d’autres acheteurs m’ont précédé sur les lieux ?

Esquisse de conclusion

Si l’ACAPA monte une boulangerie artisanale dans ses propres locaux, si cette boulangerie tourne bien et produit beaucoup de pains et de gateaux, si nous organisons intelligemment les circuits de commercialisation, nous aurons trouvé l’un des trésors cachés que nous cherchons.

 

Explications supplémentaires

1)      Les boulangers : Il faudrait en principe des jeunes gens disponibles, vigoureux et engagés. Mais nous pourrions aussi compter sur l’expertise des dames de l’ACAPA pour introduire de la diversification dans la production des gateaux, beignets et autres.

2)      Les circuits de commercialisation : la boulangerie de l’ACAPA devrait quadriller :

AKONO-ville, établissements scolaires et tous autres points de vente

L’ensemble de l’arrondissement d’Akono : livraison sur commande aux échoppes des villages ; transport de la production sur motos en direction des villages et écoles de campagne

Conquête de débouchés à l’extérieur de notre arrondissement

3)      Notre boulangerie ne pourrait pas démarrer avec autant de matériel qu présenté plus haut. Il s’agirait de nous équiper progressivement.

4)      Dans la phase de démarrage, nous devrions tout mettre en œuvre pour que sur le marché nous n’achetions pas au prix fort les ingrédients ; même la formation devrait être avantageusement négociée.

5)      Pour amortir les coûts de production, nous pourrions recourir au mélange de la farine de blé et de farine de manioc, de maïs ou de patate, s’il s’avère que ces mélanges n’altèrent pas le goût et la valeur nutritive des produits finis. Dans ce cas d’ailleurs, il conviendrait de solliciter les membres de l’ACAPA en vue de la production accrue du maïs et de patates par nous-mêmes.

6)      Les subventions de l’Etat camerounais seraient les bien venues, mais celles-ci ne pourraient être accordées qu’après constatation des efforts déployés par l’ACAPA elle-même.